SOUVIENS-TOI DE MOI Louise Colet

Création de la Factorie – Maison de Poésie de Normandie

Dans le cadre de l’année Flaubert 

Sur les traces de Louise Colet à travers la correspondance de Gustave Flaubert 

 

 

Argument : Une femme découvre avec admiration la première lettre de Flaubert à Louise Colet. Elle dit que cette lettre est magnifique. Qu’elle aurait aimé recevoir une lettre comme celle-là. Un homme lui répond. Sans doute se connaissent-ils. Peut-être ont-ils été amants. Peut-être le sont-ils encore. L’homme va parler de la femme dont il est question dans la lettre. De cette fameuse Louise Colet. Ensemble, ils vont essayer, à travers les lettres de Flaubert, de retrouver cette femme en creux tout en réanimant des morceaux choisis de son œuvre à elle. Belle occasion de plonger au cœur de l’écriture de l’un et de l’autre, d’en comprendre la pertinence aujourd’hui et de mesurer l’évolution des préjugés qui encombrent encore le chemin entre hommes et femmes.

 

Texte : Louise Colet / Mora Lenoir

 

Date prévisionnelle de création : Mars 21

Disponibilité : Mars à décembre 21

 

Mise en scène : Patrick Verschueren

 

Distribution en cours

 

Cadre de jeu : Une bibliothèque, une salle de classe, un salon… (le texte, conçu comme un dialogue agité, ne nécessite aucun décor et peut se jouer au milieu du public ou des élèves)

 

Jauge maximum : 50 personnes

Durée : 50 minutes

 

 

Contact diffusion : Louise Pinton

Tel : 02 32 59 41 85

Mail : communication@factorie.fr

 

” De Gustave Flaubert nous avons toute sa correspondance. Ou presque. Toutes ses lettres. De Louise Colet nous n’avons rien. Ou si peu. Ses lettres détruites par lui, peut-être pour ne laisser à la postérité qu’une image sans tâche, impeccable. Ou simplement parce qu’il ne les estimait pas dignes d’entrer au Panthéon de la littérature.

 

Pour nous le travail patient et forcement discutable de reconstitution : imaginer en creux la parole de Louise. Lui redonner voix et vigueur. Pour cela, nous suivrons les conseils éclairés de ceux qui en furent les pionniers : Jean-Paul Kléber, Joëlle Gardes et Joëlle Robert, qui comprirent bien avant que ce manque méritait qu’on s’y attarde et qu’on le regarde avec plus d’attention.

 

Car, à travers leur amour passionnel, il faut bien reconnaître la puissante personnalité de Louise, son engagement politique (elle est une des rares auteures à soutenir la Commune), sa lutte pour la liberté des femmes, sa revendication du droit à la jouissance et son courage de signer de son propre nom. Et même si sa production littéraire ne semble pas à la hauteur de l’éternité (cela dit, elle n’a pas à rougir devant certains poètes masculins encore étudiés à l’école) elle a dû affronter à la fois le manque d’argent et le machisme systématique de l’époque.

 

Et pour donner vie à cette parole, nous allons la mettre dans la bouche de deux jeunes personnes d’aujourd’hui. Une femme, un homme. Elle, fervente admiratrice de Gustave Flaubert, impressionnée par son style, sa franchise et sa liberté d’esprit. Lui, terriblement intrigué par Louise Colet se battant pour son indépendance dans un monde d’hommes toujours prêts à la soutenir dans l’espoir d’un retour en nature.

 

Dans cette subjective reconstitution c’est également deux visions de l’art qui vont s’affronter. L’une ciselée, nette, précise, dépourvue de toute circonvolution et éloignée de tout « sentimentalisme ». L’autre, abondante, touffue et revendiquant la passion même comme moteur de l’écriture.

 

Et si, seule émerge encore la littérature de Flaubert, il est passionnant de voir comment l’un et l’autre ont pu s’influencer au cœur même de leur écriture. Comment Louise, à son corps défendant, va prendre place dans l’œuvre de Flaubert alors que le discours flaubertien ne semble pas laisser de marque sur elle.

 

Mais par delà ces visions opposées (qui ne sont peut-être que de l’ordre du discours), c’est plus profondément toute une conception « pseudo-scientifique » qui apparaît au grand jour. La volonté d’une époque d’établir pour chaque être et pour chaque chose une échelle de valeur, instillant l’idée d’une supériorité masculine, blanche et européenne sur l’ensemble du monde.

 

Deux cents ans plus tard, ces questions sont-elles encore d’actualité ? Et cette femme aurait-elle pu, aujourd’hui, connaître un même destin ? A eux deux d’imaginer des réponses, et de redonner vie et poésie à cet impossible amour.” 

 

Patrick Verschueren