Notes de lecture Sélection COPO 2017

COPO 2017

Kvar Lo  de Sabine Huynh

– Ed. Aencrages & CO-

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« Kvar Lo » de Sabine Huynh : creuser la pierre à mains nues. Il y a dans la langue de Sabine Huynh quelque chose d’un combat qui ne cesse jamais. Langue heurtée, qui revient comme une vague quand on peut penser que cela finit, et qui recompose aussitôt ce qui avait été fragilement ébauché auparavant. Langue qui cherche, dans la multitude des mots et des langues, ce qui exprime au plus près la perte et comment il nous faut, comme le dit Camus, « continuer, seulement continuer. » Etrange et fascinante alchimie entre la chaire nue et la pierre, c’est en hébreu qu’elle dit trouver le mot juste : Kvar Lo, ce qui n’est déjà plus. Comme une humanité qui aurait besoin de toutes ses langues, de tout ce qu’elles sont capables d’exprimer pour faire lumière sur elle-même, c’est en cherchant dans ces mots nomades qu’elle trouve la possibilité de nommer la catastrophe et l’énergie pour tenir debout. Et sa poésie nous emporte bien au delà de sa lecture, nous habite encore, même après l’oubli, comme une voix qui ne veut pas mourir, celle d’une femme venue du silence et qui n’a que les mots à offrir en partage. A cette poésie, où lutte et abandon font jeu égal, s’ajoute la beauté des encres de Caroline François-Rubino, illustrant parfaitement ce qui chute et se relève, ce qui en tout cas ne se couche jamais mais sombre ou rejaillit sans cesse nouveau, sans cesse recommencé. Le tout dans un ouvrage d’une sobre élégance, réalisé par une maison d’édition qui porte haut et fort l’exigence de la belle ouvrage : AENCRAGES & CO.

Patrick Verschueren

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COPO des lycéens 2017

Bouche louche de Marius Loris

– Ed. Atelier de l’Agneau –

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“On ne peut pas entrer dans “Bouche Louche” sur la pointe des pieds, il faut s’y jeter tout entier. D’emblée, on est pris, happé par cette langue qui bruisse, épaisse et dense, qui sait, avec habileté et énergie, nous dépeindre sans concession les figures du quotidien: petits chefs, bourgeois, petites mesquineries humaines, autant de miroirs de nous même. Le texte, ne se refuse rien: ni trivialité, ni rage, ni jeux de mots, ni surréalisme ou absurdité, sans jamais basculer dans le cynisme. Et, au cœur de cette révolte qui nous pousse en avant, le rire, n’est jamais loin.Car, comme aurait dit Barthes, ce texte est un texte de jouissance et non de plaisir. A nous bousculer, il cherche à mieux nous dire son amour du monde, de la vie “cette vie qui est là, dehors, quand on sort de soi”. Certes, il y a du Céline là-dedans, mais sans son désespoir ” Cette tristesse là, je l’attends pas, moi. Je la laisse à cette charogne de Céline”. Les jeux de sonorité, nombreux, cocasses, jubilatoires, nous entraînent à un train d’enfer, nous mettent en mouvement, nous proposant une vision kaléidoscopique et saccadée d’un univers urbain où errent nos solitudes, “Je su Cid à Trappes la mie serre aux oiseaux sceaux du fou des rois Francs haie l’Art arabe aux paons dus.” Bref, “Bouche louche“, satire sociale au rythme véhément, revendique une poésie loin de “l’éther”, des “idées hautes” et du “mystique”. Elle assume une poésie crue, des bas-fonds, “quelque chose de bas mais de vital” qui, retrouvant son essence politique, refuse de se “couper de sa base” pour éviter de “tomber de haut”.

                                                                                                                                                                                                                                                                   Hélène Thérin

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Gravité/Gravedad de Sandrine Cnudde

– Ed. Lanskine  –

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“Il s’agit ici d’une traversée des Pyrénées par une marche solitaire. Traversée dans le temps et le paysage. Traversée du poème dans le paysage et le temps. Ce recueil de poésie pourra accompagner le marcheur dans ces montagnes Pyrénéennes, à l’instar de L’Ascension du Ventoux de Pétrarque et du Voyage avec un âne dans les Cévennes de R L Stevenson. Ainsi nous remercions chaleureusement Sandrine Cnudde d’avoir ouvert pour nous ce chemin d’ Est en Ouest ( Mar à Mar dit-elle).” 

Alain Amirault 

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J’ai connu le corps de ma mère de Gladys Brégeon

– Ed. Isabelle Sauvage – 

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“Beaucoup de plaisir à lire ce recueil très aéré dans sa disposition : l’absence de la mère règne même sur la page, laisse le temps du vide, accentue ce vertige de l’absence. Le langage est précis et économe, avec une grande maîtrise des sonorités. Je me surprends à lire des passages à haute voix (plutôt à susurrer, j’avoue), à jouer avec les voyelles et les consonnes. On plonge avec beaucoup de délicatesse dans l’abîme et la violence de la disparition de la mère – pudeur et impudeur du corps maternel. De très beaux passages sur le corps de la mère. Puis on passe du sensible au mythologique : “Les ancêtres sont / Dans le corps / Des images / En héritage / De l’histoire/transcendée / Des mythes/Incarnés”.

 J’ai l’impression d’une sorte de quête : que reste t-il à la disparition ?”

Benoît Marchand 

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Demeure de l’oubli de Bourçon Michel 

 Ed. P.i.sage int.érieur

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Nommons le mot nommade de Caroline Coppé 

 – Ed. Eléments de langage –

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Rimbaud selon Harar de Alain Sancerni

– Ed. Dumerchez –

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Quand bien même de Isabelle Bonat-Luciani

– Ed. Les Carnets du Dessert de Lune –

téléchargement

 

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Kvar Lo
             → Cie Frappe-Tête Théâtre