Edito

 
Deuxième saison pour la toute jeune Maison de Poésie de Normandie. Deuxième saison et déjà dans la tempête des revirements politiques, des calculs à courte vue et des petites mesquineries. Deuxième saison vent debout à défendre haut et fort la voix des poètes.

Des rendez-vous avec ceux qui en écrivent et ceux qui les éditent. Des résidences de compagnies. Des résidences d’écriture. Des ateliers aussi. Un comité de lecture. Et un festival tout nouveau : POESIA pour faire la part belle aux poètes. Parce que nous avons un besoin urgent de poésie. De la parole des artistes. Pas du spectaculaire, non. De la parole. Pour inventer des voies nouvelles. S’affranchir du diktat du consumérisme. De nos réflexes de hamsters. De notre vénération pour la compétition. De notre peur du vide. De notre manque de tout, tout le temps.

Rien ne s’achète. Rien. Pas même un air fredonné, une émotion, un soleil qui se lève, le vent dans tes cheveux. Mon cher occident, il est grand temps de revoir ta copie. De remballer ton progrès de paco- tille. Car un progrès qui n’est pas partagé ne s’appelle pas progrès mais privilège. Et nous les avons abolis.

Gersende MICHEL

Patrick VERSCHUEREN